little-kao

Juste envie d'aller faire un tour en enfer...

Mercredi 20 mai 2009 à 15:23

D'abord il y a eu en ce jeudi 15 janvier, cet entretien de Mr Descartes avec M Pascal Le Jeune. J'allais pas rater ça.
Daniel et William Mesguich ensemble sur scène. Non. Inconcevable de le rater.
Le premier je me rappelle l'avoir vu jouer Dom Juan [et on se souvient tous des "bonshommes Kodak" !] il y a quelques temps [5 ans]-période-lycéenne-mes-meilleures années- et en avoir gardé un souvenir plus que persistant [et j'ai même conservé la place de théâtre, et c'est la seule pièce notée dans mon agenda de l'époque]. Et puis le voir [enfin le reconnaitre] sous le maquillage et la perruque de Monsieur, frère du roi, dans Molière de Mnouchkine, et surtout dans Joséphine ou la comédie des ambitions, téléfilm datant d'avant ma naissance où le découvrir en Napoléon Bonaparte m'a fait l'effet d'un coup de grisou [c'est son sosie officiel]. Le second je le découvre.
Et l'on rentre pour une bonne heure dans cette entrevue de deux personnalités phares du siècle de Louis XIV -hop un bon point- ce dialogue de deux penseurs dont les idées sont autant guidées par des courants philosophiques ou mystiques porteurs de cette période de l'Histoire.
Descartes -flashback-cours-de-philo- interprété avec justesse par Daniel Mesguich, enjoué, bon vivant, à l'écoute de son corps. Et Pascal. Emberlificoté dans un mysticisme religieux qui le tourmente. William Mesguich le campe chancelant, blafard, soumis à un corps qui le torture. La langue théâtrale coule entre leurs lèvres avec une fluidité remarquable -et je ne dirais jamais assez combien j'adore la voix  de Daniel Mesguich [sa façon de sortir les mots, de les rendre vivants]- je bave jubile presque.
Je note que le détail va jusque dans les costumes : l'ampleur de la robe d'intérieur de Descartes correspond à sa liberté et sa tranquillité d'esprit, accompagne avec légèreté ses mouvements. En face de lui, la rigueur (janséniste) enserre le corps de Pascal. Elle l'enferme presque. On le verrait tantôt se soumettre à son mysticisme, tantôt se battre avec son propre corps encastré dans ce costume sombre, dont l'étroitesse justifie de l'angoisse dévorante de son personnage. Eh oui, je n'ai pas oublié que dans la scénographie, tout compte, même le costume, qui peut décider à lui seul de l'orientation d'un personnage.
La salle n'était pas comble et c'est bien dommage.[il y a des lycéens qui ont du se demander où ils étaient tombés] Du théâtre de cette qualité gagnerait à être largement diffusé -et nous dispenserait des inénarrables vaudevilles (pour ne pas dire nanars) qu'on nous a servi en guise de 'ilfautremettreduthéâtreàlatélé" dixit Zébulon 1er dans la petite boite à images.
Evidemment on va me répondre "mais c'est pas assez accessible au grand public, les gens vont pas s'intéresser" Eh bien ils y gagneraient. Ils y gagneraient. Il est clair qu'il faut s'accrocher et rentrer dans la langue particulière posée par Jean Claude Brisville. Mais de nos jours, ce sont Les Experts à Miami qui passionnent le grand public. So sad.
Kao.

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