little-kao

Juste envie d'aller faire un tour en enfer...

Lundi 23 janvier 2012 à 16:15

HAMLET, d'après William Shakespeare, traduction/adaptation et mise en scène Daniel Mesguich
[AH encore du Mesguich ! diront les mauvaises langues (ou les bonnes tout dépend du ton qu'on emploie)]

Primo : C'est bouillonnant. Ca fuse de partout. Ca tabasse.

Bon après, c'est du Mesguich tout craché. Oui mais. Oui justement.

Ma foi, c'est toujours trèèèèèèèèèès excitant à suivre et à vivre (oui moâ je vis le théââââtre). Oui j'ai adoré encore une fois.

Qui est là ?

C'est sur cette question prononcée par une voix profonde (je ronronne de plaisir rien qu'à l'entendre car oui c'est Daniel (the metteur en scène) qui la pose cette question, plusieurs fois) que débute la débâcle.

La première image sur laquelle le rideau s'ouvre, c'est celle d'un banquet joyeux, ça rigole et ça picole sévère et à l'écart, prenant garde à se tenir éloigné de la fiesta qui se trame mais pas trop, un blondinet en noir qui fait la tronche en jouant du pied avec un ballon. Car oui, Hamlet tire la tronche et il a ses raisons. Son papounet a passé l'arme à gauche voilà deux mois et sa mamounette vient de se remarier avec son oncle, le frère de son père qui...attendez...oui c'est ça, Claudius a donc épousé sa belle soeur. Bref, inconsolable le Hamlet. Sauf que, la mélancolie va virer à la folie et ça va pas arranger les choses.

Retenons donc la dinguerie enfantine de cet Hamlet qui taquine la baballe du pied (ouhou le joli clin d'oeil ) dans son coin, le personnage tout en démesure de Polonius sorte de Louis XIV d'opérette presque Fellinien voire Mnouchkinien (dur à prononcer n'est ce pas ?), la sobriété de la mise en scène [« parce que j'avais pas de sous » dixit Daniel] qui ne s'interdit pas les effets de miroir chers à notre metteur en scène favori (au sol comme à travers ce rideau de fils (qui ressort de son tiroir après La vie est un songe ?), le dédoublement (reflet) des personnages que j'ai aimé sur la scène de l'apparition, mais moins sur le ballet Ophélie/Hamlet, les deux espion(ne)s Rosencrantz et Guildenstern (putain mais j'adore ces noms !) Chevaliers d'Eon(s) emfraisés et classieux et surtout jumeaux, la fragilité touchante de Gertrude (eh ouais mille fois plus qu'Ophélie), Horatio carrément l'air de pas y toucher mais bon, on se doute que mossieur a une idée derrière la tête, les jeux de mots retrouvés par la traduction pleine de sonorités de Daniel, (qui précisons prend en charge la voix off d'Hamlet père puis de Fortinbras (oui je sais Shaky a dû s'éclater à trouver qui aura le nom le plus à coucher dehors) le Jeune), l'utilisation du rideau plein qui devient décor à part entière (the remparts puis the chapelle) mais aussi fiche les morts à la porte du spectacle (Polonius/Zbgniew Horroks qui se retrouve en bord de scène coincé et qui décide de quitter le costume pour partir par la salle, les comédiens engagés pour jouer devant la cour qui débarquent tels quels avec leur costume à la main puis le monologue du « Toubi or not toubi zatiszequestchieunne » en anglais pris en charge par le chef de troupe, théâtre dans le théâtre (avec l'interrogation d'Hamlet sur sa propre réplique qu'il doit sortir mais dont il ne se souvient plus très bien, mais aussi théâtre sur le théâtre quand tout se superpose (et la redite du monologue par Hamlet seul, en poursuite, le visage en lumière). Ces étranges marionnettes qui représentent le drame de Gonzague, sorte de Shadoks démesurés. Le délire avec le meurtre de Polonius, et le cadavre embarrassant, et ce Hamlet désespérément bléssé qui non content de rappeller à sa mère qu'elle est une connasse et une pute tient quand même à lui faire un bisou avant d'aller dormir, puis d'essayer de sortir le corps de la chambre sans y arriver (et de balancer le cadavre de Polonnius, [mé]pris pour Claudius, mort sur sa mère : sorte de viol macabre et scène terrifiante à la fois (imaginez vous coincé sous le poids d'un mec mort, vous rigolez moins hein...bon ceux que ça excite, vous sortez s'il vous plaît !), folie d'Ophélie (dédoublée), et noyade dans la baignoire (qui sait avec le réchauffement climatique, y a plus une rivière assez profonde...), constante question : est ce qu'il est dingue au point d'accuser son oncle d'un crime qu'il aurait lui même commis ? Comme Daniel le rappelle : rien ne nous dit le contraire dans la pièce. Les costumes sont mâgnifiques au demeurant, et le rôle du « prince du Danemark rachitique  qui se pose sans arrêt des questions futiles avec une tête de mort dans les mains »1  sied comme un gant (rouge écarlate) à William (qui je dois dire n'arrête pas pendant les trois heures de courir partout, sauter, plonger, rouler (oui oui rouler) ) qui s'éclate comme un...fou. Parce que « c'est quand même l'histoire d'un type complètement givré » dira son metteur en scène de père. En même temps, il a dit tellement de trucs géniaux auxquels j'adhère complètement [comment ça pas objective ?] que j'ai failli en pleurer de dépit hum hum... Hamlet est un maelström (étymologiquement parlant) qui n'a pas d'autre solution de mener tous ses participants à la mort. [et puis c'est pratique ça évite les suites...]

 

http://little-kao.cowblog.fr/images/hamlet2.jpgPix : Hamlet  (c'est fou ce que j'aime cette photo "saisie sur le vif")
Crédits : Chantal Depagne-Palazon (C)

 
Je pense qu'il y aura des appendices à cet article vu tout ce qu'il y a à dire autour de cette pièce. Et j'ai pas encore fini le bouquin de John Dover Wilson. Et j'en lis quatre ou cinq en même temps...dont le "roman sur le roman" sur Heydrich (NON non pas de raccourci facile s'il vous plaît !) de Laurent Binet. 


1Jean Michel Ribes, J'ai encore oublié Saint Louis, 2009 

Mercredi 18 janvier 2012 à 11:53

 .Putain, Hamlet m'a flingué. 

Dimanche 8 janvier 2012 à 16:10

 Ah, j'ai enfin fini mes deux dossiers (qui ne valent rien du tout tant ils sont mauvais...) !! Je peux me considérer en vacances à nouveau !! 
Dans une semaine je serai au théâtre. Mais comme d'hab, j'ai pas vraiment envie. C'est toujours pareil. Peur d'être déçue. Que rien ne se passe comme je l'imagine (alors ça c'est pas nouveau). Du coup voilà plusieurs nuits que mes cauchemars revenus d'on ne sait où (après quelques semaines d'absence) sont dirigés vers cette soirée de théâtre qui m'angoisse. Et aussi étonnant que cela puisse paraître ce n'est pas moi qui joue. Non, je n'ai jamais cauchemardé avant de monter sur scène. Par contre quand je vois les autres, les talentueux, les qui-ont-réussi, les qu'ont-du-bol, j'ai le cerveau qui disjoncte complet. Et là, qui plus est, lorsque j'ai été chercher mes places le jour même de l'ouverture des locations (1h de route en toute conscience et 1h et demie d'attente sur place) je me suis retrouvée avec deux sièges très loin, très mal placés. J'en ai pleuré de dépit. De déception et de dégoût pour ce théâtre qui n'en a à l'évidence rien à foutre de son public. Et donc, je n'ai pas du tout hâte d'être au jour J. 


Dimanche 1er janvier 2012 à 14:25

 La biographie non autorisée de Little Kao, version 2012 : 

Pas très grande, pas vraiment jolie mais pas moche non plus, j'suis pas fashion, j'suis pas geek non plus. J'adhère à l'univers de Tim Burton mais aussi à ses qualités de réalisateur hors normes mais très ancré dans ses névroses. J'aime les acteurs matures ou déjà vieux mais dont le charme et le talent transcende tout le reste. J'aime les actrices qui n'en ont pas l'air, qui ne se fourvoient jamais. J'aime pas Angelina Jolie et son zoo international. J'aime pas les gens qui se sentent obligés de chanter alors qu'ils ne sont à l'évidence pas faits pour ça. Et évidemment, j'aime pas les gens qui se mettent à jouer la comédie parce qu'ils savent chanter. De toute façon, dans un cas comme dans l'autre, c'est foncièrement mauvais. 
Politiquement rock, j'penche plutôt a sinistra, même carrément du côté plus sinistre  que ministre. Mais dans le fond, moi, j'suis royaliste. Ouais. J'milite pour le retour à la monarchie parce qu'au final c'était pas pire que c'qu'on a aujourd'hui mais avec plus de classe et d'esprit. Je suis  théâtre. Et non y a pas de faute. Je suis théâtre, je mange théâtre, je vis théâtre même si je foire tous les ans l'entrée de ce putain de conservatoire à la con. Mais j'me résigne pas. Jamais. Pas pour ça en tout cas. J'aime pas les cagoles qu'on a en pagaille par chez nous. Les filles pleines de fond de teint orange, de cheveux filasse lissés au babyliss, engoncées dans des jeans trop petits et des bottes de yéti. Je les exècre même. J'aime bien les gens simples, motivés, bienveillants. Les passionnés aussi. Pourvu qu'ils aillent dans mon sens. J'aime pas les gens qui mâchent-mangent-parlent au cinéma comme pas mal de monde. J'aime danser n'importe comment le soir chez moi. J'aime les costumes rococo et tout ce qui touche à ce style, à cette époque. J'ai des coups de foudre régulièrement. Jamais réalisés, jamais égalés. J'aime le décalage. Chez les gens. Ceux qui assument leur imperfection. Ceux qui s'en fichent. J'aime les planches. Le bruit des pas sur les planches. Les costumes qui virevoltent. Les violences au théâtre. Je suis allergique à la bêtise. J'ai toujours peur qu'elle me contamine. Un peu comme les coups du sort. Je traîne ma malchance comme un boulet mais j'y peux rien, c'est comme ça. J'aime courir dans les champs, manger des cookies en culpabilisant. Je ne suis pas quelqu'un de décisionnaire. Et quand je le suis, j'ai tendance à faire le mauvais choix. Je suis pleine de défauts, de regrets, de remords. Et quand je déprime, je deviens subitement nostalgique.
Je préfère les Beatles aux Rolling Stones. Je préfère le vieux hard rock, le vieux heavy, les trucs sortis du tiroir, à la soupe qu'on nous sert sur les radios. J'aime pas le rap ni le Rn'B et j'assume complètement. Je considère Lady gaga comme l'une des grandes plaies de ces dix dernières années. David Guetta aussi. Je suis persuadée qu'on mourra tous soit d'une épidémie déclenchée par des lobbys pharmaceutiques, soit simplement parce que la nature en aura ras-le-bol qu'on la démolisse et nous foutra tous en l'air et qu'elle aura raison.  J'aime les artistes qui imaginent. J'aime pas ceux qui boivent du champagne en t'ignorant. J'aime les cimetières parce qu'ils sont de véritables lieux de calme et d'art, d'histoires aussi. J'aime les chats parce que j'aime les chats. Mais j'aime pas trop les chiens. 
J'aime Marguerite Duras, Simone de Beauvoir, et Amélie Nothomb. Je rêve de racheter le château de Versailles rien que pour moi. Je suis complètement mesguich et j'assume à fond. Je vais voir des pièces deux fois à cause d'eux, en toute mon âme et conscience.
De tout, j'en attends tellement qu'à la fin je suis forcément déçue. Voilà on est en 2012, ça change pas grand chose. Finalement. 

Vendredi 16 décembre 2011 à 18:17

      Poursuivons ce panel formidable de mes "voix" (Kao : la Nouvelle Jeanne D'Arc jenesuispasfollevoussavez)

http://manteaudenuit.voila.net/images/fa.jpg

Mon chouchou dans le monde merveilleux du doublage (un plaisir terrible sur scène)
Féodor Atkine

(qui n'est pas QUE la voix du Dr House)
 
Il possède une voix inimitable, et s'est distingué en devenant le doubleur officiel de nombre d'acteurs américains ou anglais pas forcément super connus Hugo Weaving par exemple (rhaaa V). Sur scène je l'ai vu et revu dans Du cristal à la fumée (<3) forcément et entendu encore dans Hitch l'hiver dernier. Il est apparu dans le film non moins célèbre de Pedro Almodovar Talons Aiguilles. Je vous évite le copié collé de Wikipédia mais me sert uniquement de mes souvenirs émotionnels concrets d'où la voxo-filmo-théatrographie succincte. 

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